Gilbert OUY (Paris).
- Le célestin Jean Gerson, copiste et éditeur de son frère
Si la quasi-totalité de l'oeuvre du chancelier Gerson (1363-1429)
- plus de 500 titres - nous a été conservée, c'est à
son plus jeune frère, le moine célestin Jean Gerson (1385-1434)
que nous en sommes redevables. Il fut pour lui le plus zélé des
secrétaires, le plus consciencieux des copistes et le plus actif des éditeurs.
Il organisa méthodiquement la diffusion de ses écrits, établissant
avec soin au moins un modèle (exemplar) de chaque texte qui allait
ensuite être confié à un couvent de célestins ou de
chartreux chargé d'en multiplier les copies.
Si bien peu d'autographes du chancelier ont survécu, nous connaissons, en revanche, une bonne dizaine de manuscrits de ses oeuvres copiés par son jeune frère. Ils se distinguent par la remarquable correction de leurs textes. Le cas du manuscrit original de la Josephina, conservé à Oxford (ms. Rawlinson, Poet. 156) est particulièrement intéressant, car il fut copié morceau par morceau à partir des brouillons que Gerson, assistant à l'époque (1417) au concile de Constance, envoyait à son frère à mesure de la composition de ce long poème.