J. Antoni IGLESIAS (Barcelona) Dans certains endroits de l'Europe, la documentation notariale a été l'objet d'une exploitation systématique pour étudier des aspects socio-économiques, artistiques, culturels et de la vie quotidienne des collectivités. En Catalogne, après une première étape où cette documentation a été utilisée de manière occasionelle et isolée, dans les dernières années les actes notariés ont surpassé le caractère de source complémentaire et secondaire pour devenir une source de premier ordre pour la recherche. L'étude approfondie de milliers de protocoles notariaux conservés depuis le milieu du XIIIe siècle jusqu'à aujourd'hui (le deuxième fonds notarial le plus important de l'Europe, après l'italien, en volume et en qualité), a permis l'élaboration d'importants travaux concernant l'histoire du livre et des bibliothèques de l'époque médiévale et moderne. La large typologie des actes qu'offre la documentation notariale (par exemple, et très brièvement: testaments, inventaires après décès et ventes aux enchères, contrats d'apprentissage et de travail - on en a conservé de copistes, maîtres d'écrire, libraires...-, achat-ventes, prêts avec mise en gage de livres, commissions de copie, reçus de payement, legs, procurations, etc...) permet de connaître l'activité de beaucoup de personnages attachés au monde du livre manuscrit: le copiste professionnel (scriptor, scriptor librorum, scriptor de littera rotunda ou de littera formata) et occasionnel (entre autres, clercs, juristes, médecins et notaires, bien qu'on connaisse aussi des artisans), le maître d'écrire (scriptor seu magister scribendi), l'enlumineur (illuminator librorum), le relieur (ligator librorum) ou le libraire (libraterius, venditor librorum). Notre communication a la prétention d'offrir un échantillon représentatif, mais nécessairement brève, des actes notariés qui ont permis de connaître le monde de la reliure et de la librairie en Catalogne aux XIVe et XVe siècles: ses représentants les plus connus et leurs activités.