Kouky J. FIANU (Ottawa) À première vue, le monde des artisans du livre parisien de la fin du Moyen Âge se caractérise par sa soumission à l'Université de Paris et par une communauté essentiellement masculine. Cette image correspond au statut de clercs et d'universitaires associés aux libraires, parcheminiers, enlumineurs, relieurs et papetiers de Paris. Pourtant, quiconque entreprend d'étudier ce groupe ne tarde pas à rencontrer un certain nombre de femmes (sœurs, mères, épouses) qui participaient aux côtés d'un membre masculin de leur famille à la production du livre. On connaît le rôle important qu'ont joué les épouses et veuves d'imprimeurs pour la diffusion de l'imprimé, mais on saisit moins bien la présence des femmes auprès des artisans de livres manuscrits. Cette communication a pour but de mieux comprendre la place de ces dernières et leurs activité dans un monde contrôlé par l'Université de Paris. Libraires, relieurs, parcheminiers, enlumineurs et papetiers ont bénéficié, plus souvent qu'on pourrait le penser, mais comme beaucoup d'autres artisans, de la collaboration de femmes de leur entourage pour exercer leur métier. Les sources mises à contribution sont des documents d'archives divers (comptes, règlements universitaires, transactions immobilières, procès et registres fiscaux) compris dans les fonds parisiens du XIIIe au XVe siècle.