Pierre COCKSHAW (Bruxelles)
- Minutes, copies à ligne et transcriptions à l'identique.
Si jusqu'il y a peu, les imprimés ont été réalisés
à partir d'originaux manuscrits ou dactylographiés, il en allait
autrement au temps du livre manuscrit. Si, à partir d'un original, un copiste
rédigeait une copie mise en page par ses soins et destinée à
la lecture, les autres copistes ne faisaient que réaliser ensuite des codices
à partir d'un livre qui servait à son tour d'original. N'était-il
pas naturel pour ces copistes, plutôt que d'envisager une nouvelle mise
en page, de se contenter de reproduire servilement le modèle ? N'est-ce
pas d'ailleurs, partiellement du moins, ce que réalise la pecia ? Enfin
des manuscrits impériaux et royaux qui mêlent avec art miniatures,
rubriques et texte n'impliquent-ils pas l'existence d'une maquette qui, approuvée
par le commanditaire, servira de modèle ? Les historiens du livre,
les philologues, les historiens de l'art n'ont-ils pas d'ailleurs publié
des archives, évoqué des preuves indirectes qui témoignent
de cet état des choses ? Rares cependant demeurent les manuscrits
qui pourraient servir de preuves quant à cette façon de procéder.
C'est à l'examen de ce problème que j'aimerais consacrer cette communication.
Connaît-on beaucoup de livres-modèles recopiés à la
page ou, du moins, où rubrique, texte et illustration se succèdent
scrupuleusement ?