Carmélia OPSOMER, Liège Dans la principauté épiscopale de Liège, plusieurs scriptoria ont poursuivi leur activité bien au-delà de l'apparition du livre imprimé. Ils fournissent ainsi un matériau de choix pour étudier le métier de copiste en ses derniers temps. C'est particulièrement le cas des Croisiers de Liège et de Huy et des Bénédictins de Saint-Trond, dont bon nombre de manuscrits sont conservés à l'Université de Liège. Ces institutions religieuses possédaient aussi dans leurs bibliothèques des incunables qui n'étaient pas de production locale, puisque l'imprimerie ne fut introduite à Liège qu'en 1560.

On s'efforcera d'abord d'appréhender le milieu et ses pratiques. Les colophons, généralement assez détaillés, fournissent des indications précieuses sur l'origine des copistes, la durée de leur activité et leur carrière. D'autre part, les marques d'appartenance, les cotes de classement, les tables des matières et les reliures font entrevoir l'utilisation du codex et ses lecteurs. La comparaison avec les manuscrits antérieurs des mêmes scriptoria permet d'évaluer la part de nouveauté et de tradition dans la technique de copie.

Certains textes dont une version incunable est antérieure à la copie, ou contemporaine, méritent une attention spéciale.

En matière d'ornementation et d'illustration, on analysera deux types d'interférences entre manuscrit et imprimé : l'enluminure d'incunables et l'insertion de gravures dans les manuscrits de Saint-Trond.