En Catalogne, après une première étape où cette documentation a été utilisée de manière occasionnelle et isolée, les actes notariés, au cours des dernières années, ont dépassé le caractère de source complémentaire et secondaire pour devenir une source de premier ordre pour la recherche. L'étude approfondie de milliers de protocoles notariaux, conservés du milieu du XIVe siècle jusqu'à nos jours (c'est le deuxième fonds notarial le plus considérable d'Europe, après l'Italie, en quantité et en qualité), a permis l'élaboration d'importants travaux relatifs à l'histoire du livre et des bibliothèques à l'époque médiévale et moderne.
La large typologie des actes qu'offre la documentation notariale (par exemple, testaments, inventaires après décès et ventes aux enchères, contrats d'apprentissage et de travail concernant des copistes, maîtres d'écriture ou libraires, achats, ventes, prêts avec mise en gage de livres, commande de copie, reçus de paiement, legs, procurations, etc.) permet de connaître l'activité de nombreux personnages appartenant au monde du livre manuscrit : le copiste professionnel (scriptor, scriptor librorum, scriptor de littera rotunda ou de littera formata) et l'occasionnel (entre autres, clercs, juristes, médecins, notaires, mais aussi artisans), le maître d'écriture (scriptor seu magister scribendi), l'enlumineur (illuminator librorum), le relieur (ligator librorum) ou le libraire (libraterius, venditor librorum).
Notre communication vise, d'une part, à faire connaître les travaux récents réalisés en Catalogne à l'aide de ces sources, sur le monde du livre à la fin du Moyen Age (cf. notre thèse de doctorat, Livres et lecteurs à Barcelone au XVe siècle..., Barcelone, 1996) et, d'autre part, à offrir un échantillon bref mais représentatif des actes notariés qui ont servi de base à ces recherches (en particulier, les actes qui se rapportent à des copistes soit professionnels, soit occasionnels).