Thérèse DE HEMPTINNE, Gand Y a-t-il eu des scribes féminins dans les scriptoria conventuels et les officines de libraires dans les Pays-Bas des XIVe et XVe siècles? La réponse est certes oui, mais on ne leur a accordé jusqu'ici que peu d'attention. Qui étaient ces femmes? Peut-on les identifier et en savoir plus sur leurs activités : étaient-elles uniquement des copistes ou faisaient-elles aussi un travail d'auteur, y avait-il parmi elles des artistes aux talents multiples de copiste et de peintre-illustratrice? Quel était leur lieu de travail, comment était-il équipé? Quels étaient leur situation de famille et leur statut social? Que peut-on savoir de leurs aspirations professionnelles ou autres? Ces femmes avaient-elles un statut social différent, se profilaient-elles autrement que leurs collègues masculins? En d'autres termes, peut-on percevoir dans les différents milieux des scribes médiévaux une spécificité féminine particulière, par exemple dans la façon d'écrire (d'ailleurs, où et comment avaient-elles appris à lire et à écrire?), dans le genre de textes qu'on leur confiait à copier, etc.