Bernard BARBICHE, Paris Au bas Moyen Age, la rédaction des actes pontificaux scellés de la bulle de plomb, communément appelés "bulles", incombait aux scriptores litterarum apostolicarum, dont l'effectif théorique, après quelques oscillations, fut fixé à 101 par Urbain V. Organisés en collège, c'est parmi eux que se recrutaient les titulaires de divers emplois temporaires d'encadrement : par exemple, le distributor et le rescribendarius, chargés de répartir entre leurs collègues les lettres à grossoyer et de fixer, avec l'aide éventuelle du computator, le montant de la taxe à percevoir ; les auscultatores, qui contrôlaient les grosses ; le correcteur; etc. Trois sources principales permettent d'identifier ces personnages :
  1. les registres pontificaux, publiés et munis d'index pour le XIIIe et une partie du XIVe siècle, dans lesquels sont transcrits les actes permettant de reconstituer la carrière des individus (provisions de bénéfices, dispenses, faveurs diverses, etc.) ;
  2. au XIVe siècle, les comptes et autres documents financiers de la Chambre apostolique ;
  3. enfin les originaux confectionnés par les intéressés eux-mêmes, sur lesquels sont portées à partir du début du XIIIe siècle, en nombre croissant, des mentions attestant l'intervention des scribes aux différents stades de l'élaboration des actes.
Ces trois grands types de sources combinés permettent d'établir une prosopographie des scriptores et de situer exactement leur place et leurs fonctions au sein de la chancellerie pontificale.